Nationaliser les banques, priver le Capital de ses ressources
La crise des dettes publiques pose une fois de plus la question des banques et de leur rôle. Créanciers de la Grèce, leurs exigences de remboursement poussent aux plans d'austérité et impose l'exigence de profit au détriment des intérêts des peuples européens. En rupture complète avec le capitalisme financier, la reprise en main de la finance passe par des nationalisations massives des banques.
La nationalisation du secteur bancaire est avant tout une mesure privant les capitalistes de pouvoirs exhorbitants sur l'économie et donc sur les choix politiques. La propriété privée du capital financier conduit inexorablement au sauvetage du profit contre les intérêts des peuples. Le pouvoir de création monétaire et l'outil du crédit, utilisés aujourd'hui quasi-uniquement pas les banques privées au service de leurs intérêts, ne peuvent pas continuer à échapper à la souverainté populaire. L'objectif premier doit être de rompre avec la spéculation financière et le marché interbancaire, les banques ainsi nationalisées doivent voir leurs missions de rentabilité remplacées par des missions de service public et d'intérêt général.
- Il faut mettre fin au crédit dans un but spéculatif. L'utilisation du crédit doit être mise au service des besoins sociaux, c'est-à-dire concrètement la limitation des prêts bancaires:
- au développement de l'emploi sécurisé: CDI, salaires décents avec un minimum à 1 600 euros, respect des 35h et du droit du travail...
- à la création d'entreprises de type coopératives, des PME/TPE et non au développement de monopoles privés.
- à l'investissement public: travaux publics, développement des services publics, de l'éducation...
Les sociétés cotées en bourse ou pratiquant la spéculation doivent être exclues du crédit proposé par le monopole bancaire public.
- Interdire l'échange interbancaire pour les banques publiques: le secteur bancaire public ne doit pas alimenter les marchés financiers, notamment le marché interbancaire.
Le monopole public ne peut être fondé sur l'actionnariat, mais sur un système coopératif ouvert aux personnes physiques et n'ouvrant pas de droits particuliers. La représentation au sein de l'institution doit se faire sur un modèle associant de manière égale travailleurs du service lui-même, élus locaux et parlementaires, représentants d'entreprises à l'exclusion des société cotées en bourse et des organismes financiers privés, citoyens et associations de citoyens. C'est l'enjeu le plus important d'une nationalisation des banques, celui d'une réappropriation populaire du crédit et de la création monétaire.
Le monopole public bancaire doit jouer un rôle dans la prévention du surrendettement des ménages comme des entreprises qu'il finance. À ce titre, il faut faciliter les échanges d'informations entre l'institution bancaire et les services sociaux et lutter, avec eux, contre les incidents de paiement en amont.