Drogue: tout n'est pas dans la répression
Les impayés de loyer auraient tendance à grimper dans certains quartiers sensibles, révèle Le Figaro. Une hausse qui serait liée à la lutte contre le traffic de drogue d'après certains élus, de Seine-Saint-Denis toujours selon le journal. Quand on dit que la délinquance a des causes avant tout sociales...
Selon le syndicat Synergie-Officiers, la hausse des impayés a augmenté de 32 % en quelques mois dans le département de Seine-Saint-Denis. D'autre part, on observe également un taux élevé de paiement en espèces dans certains quartiers dits sensibles comme à Marseille, là où pour une même enseigne 80 % des paiement au niveau national se font par chèque ou carte bancaire. Pas étonnant quand on connait le taux de chômage dans ces quartiers (11 % en Seine-Saint-Denis en 2010, 3 points de plus que la moyenne d'Île -de-France et 2 points au-dessus de la moyenne nationale). Il serait peut-être temps de se rendre compte que la misère peut pousser à trouver des sources de revenus illégaux... Loin de s'attaquer aux causes profondes du traffic et de la délinquance, le tout-répressif prôné par la droite depuis des années déjà est un échec.
Ainsi, il est nécessaire d'avoir une politique de sécurité qui s'appuie sur ses deux jambes au lieu de l'action dogmatique et démagogique de la droite. La lutte contre le chômage et la précarité doit être un axe fort là où la délinquance est élevé, car elle est souvent synonyme de misère. Une politique de l'emploi stable et sécurisé, un retour massif des services public, notamment de l'éducation est nécessaire pour lutter contre les causes du traffic et de la délinquance. D'autre part, ce n'est pas en s'attaquant uniquement aux dealers de quartier que l'on va éliminer le grand banditisme. La police doit avoir les moyens humains et matériel de combattre le crime organisé à la source, c'est-à-dire les grands trafiquants, ceux qui alimentent les petits dealers. Ceux-là, on ne les trouve pas dans les cités.
Enfin, un travail spécifique sur la question de la drogue doit être mené. Au lieu de réprimer les consommateurs et les petits dealers -souvent eux-même consommateurs- c'est une action sanitaire qu'il faut développer. Ainsi, la consommation doit être légalisée et encadrée à des fins thérapeutiques pour soigner la dépendance, tout en pénalisant fortement l'usage de drogue hors de ce cadre. La criminalisation des consommateurs alimente le marché noir, c'est cette mentalité qu'il faut changer et passer de l'usager-délinquant à l'usager-patient.