Nouvelle sortie raciste et liberticide d'un député UMP

Publié le par MJCF Isère

hiphopgraffiti.jpgMichel Raison, député UMP de Haute-Sâone, s'est fait remarquer hier dans l'hémicycle lors des question au gouvernement en pointant les chansons "écrites par certains groupes de rap issus de l'immigration". Selon lui, ces artistes se livrent à "de véritables appels à la haine raciale et religieuse, en proférant des paroles obscènes, racistes et misogynes". Il serait temps de ramener Michel à la Raison, puisqu'à l'inverse de ses déclarations scandaleuses, c'est bien lui qui jette de l'essence sur la flamme du FN avec des propos xénophobes.

 

Questionnant le ministre de la Culture, M. Raison au nom bien mal choisi, a demandé quelles étaient "les mesures prises pour censurer ces chansons et mieux contrôler la diffusion de certaines oeuvres musicales". En plus de son penchant raciste, le député en appelle à la censure ! Motif ? Protéger les enfants français qui sont d'après lui, "des jeunes en pleine construction qui n'ont pas forcément la maturité nécessaire pour prendre du recul par rapport à de tels propos"... Jeunes qui, par ailleurs, sont assez matures pour aller en prison d'après sont ami Christian Estrosi, qui en janvier avait proposé d'abaisser la majorité pénale à 16 ans au lieu de 18 ans actuellement. Autre argument de Michel Raison: les groupes de rap pré-cités "bafouent les valeurs fondamentales de respect et de libertés qui fondent notre démocratie". À croire que quand les valeurs fondamentales sont bafoués sous forme de programme politique (celui du FN par exemple...) ou par la langue bien pendue d'un ministre (Hortefeux, par exemple...), cela pose moins de problèmes que pour des chansons de rap.

 

Encore plus ahurissante est la réponse du ministre de la Culture pour qui c'est aux maisons de disques de pratiquer la censure ! Et cela car "Il s'agit d'un sujet très important, dont le traitement par les autorités publiques s'avère cependant difficile". Là, la haine réactionnaire du Front National en prend un coup au classement de la course au totalitarisme. En plus de censurer la musique, il faudrait de surcroît privatiser la censure ! Pour les jeunes communistes, de telles atteintes à la liberté artistique sont intolérables. Ce n'est pas la première fois que le rap et plus généralement la culture hip hop et ses acteurs sont la cible d'attaques. Nous condamnons les discours racistes et liberticides tenus par l'UMP, qui ne vise par ailleurs qu'à installer une culture dominante et à écraser toute contre-culture comme le hip hop. Enfin, nous rappelons que l'évolution du mouvement hip hop s'est faite à l'image de ceux qui l'ont porté, c'est-à-dire les jeunes issues des classes laborieuses, la violence verbale des paroles du rap n'est que le reflet de la violence sociale que subissent des millions de nos concitoyens français ou immigrés.

 

Si nous sommes opposés à certains propos, souvent très marginaux, tenus par les artistes de rap, nous voulons et devons soutenir les formes d'expressions artistiques urbaines et notamment le hip hop qui depuis sa naissance, de par les valeurs qu'il a et continue malgré toutes les dérives (notamment commerciales) à porter, a toujours été la culture des laissés pour compte de notre société. Le hip hop doit rester un outil de revendication sociale et d'émancipation culturelle vis-à-vis de la culture dominante.

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Publié dans Droits & société

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