Ça brûle

Publié le par MJCF Isère

16 000 suppressions de postes en 2011


Le chiffre est affolant quand on sait qu’il y aura à la rentrée prochaine plus d’élèves à scolariser. Au total depuis 2007 c’est plus de 65 000 postes qui sont passés à la trappe soit 8% des effectifs de l’éducation nationale.
Dans le même temps la formation des nouveaux profs s’est dégradée : ils sont envoyés dans des classes sans suivi ni formation pédagogique et parfois même sans être payés !
 Les conséquences, on les connait : classes surchargées, enseignants moins bien formés, difficultés à trouver un remplaçant, …
Un critère démographique ? Selon le gouvernement, les suppressions de postes sont justifiées car il y aurait moins de lycéens dans certaines académies et il faudrait ajuster le nombres de profs au nombre d’élèves, de moins en moins nombreux. C’est FAUX !  Par exemple, l’académie de Lille se voit supprimer 470 postes pour la rentrée 2011 avec, pourtant, 1,34% d’élèves en plus.
C’est donc une excuse de nos ministres casseurs d’avenir pour détruire à petit feu l’éducation et l’ensemble des services publiques au profit du privé.  La réforme de la formation des enseignants en est le meilleur exemple. Formés à l’université à bac+5, au lieu des IUFM à bac+3, ils seront moins nombreux et moins formés à la pédagogie, alors qu’une armée de précaires sera recrutée pour combler les manques.

Conséquence :

l’éducation nationale gérée comme une entreprise


1) Concurrence entre les territoires: Les coupes budgétaires du ministre Chatel vont pousser les établissements à se tourner vers les villes, les départements, les régions pour combler les manques. Les territoires riches pourront le faire, les autres devront rabaisser leurs ambitions pour l’éducation. L’éducation privée gagnera du terrain car les familles qui le peuvent essaieront aussi de combler ces manques en payant l’accès aux savoirs.


2) Compétition entre les lycées:  Les établissements, mais aussi les proviseurs, se verront attribués leur ressources et leur primes en fonction de leurs « résultats ». Plus un bahut est bon, plus il aura de moyens pour continuer à l’être et plus il sélectionnera ses élèves pour être le plus « performant » possible. Les autres lycées devront rabaisser leurs ambitions pour leurs élèves, faute de moyens.


3) Inégalités entre lycéens:  L’éducation nationale, déjà inefficace pour compenser toutes les inégalités, devient un outil de sélection sociale aggravée! Avec les réformes de Luc Chatel, une infime minorité aura accès à des savoirs de qualités dans de bonnes conditions, pendant que tous les autres souffriront d’une compétition acharnée.
En construisant cette guerre de tous contre tous le gouvernement veut soumettre la transmission des savoirs aux seules exigences du capitalisme: former de la main d’œuvre au plus faible coût possible!

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