Une université gérée comme une entreprise, on en veut pas!

Publié le par jcisère

L'enseignement supérieur et la recherche n'échappent pas à la logique de démantèlement du service  public  impulsé  par  le  gouvernement.  Cette  privatisation  des  universités s'inscrit dans une volonté de créer un marché de la connaissance au niveau européen (processus de Bologne). En France  l'application de ce processus se traduit par une série de réformes dont la LRU (Loi de responsabilité des universités) est la pierre angulaire. Elle permet aux facs de recourir à des partenariats public-privé, ouvrant ainsi les universités à la logique de marché.

Cette marchandisation de la connaissance suppose une logique de compétitivité dont les moteurs seraient la sélection et la mise en concurrence.  12  campus  français, dont Grenoble, ont été sélectionnés pour devenir des pôles de compétitivité (opération campus) creusant encore d'avantage les inégalités  entre facs d'élites et  facs  poubelles.  Le nouveau système de financement (système SYMPA) basé sur des critères de performance va également dans ce sens.

La concurrence s'établit aussi entre les différentes filières ; en effet, les enseignements « à forte valeur ajoutée » (biotechnologies, nouvelles technologies de la communication...) seront considérablement mieux financées que les filières jugées non rentables, ce financement dépendant en partie de la nature du bassin économique local. La preuve? Lorsque Grenoble a été sélectionnée dans le cadre de l'opération campus, la fac de lettre a été exclue du projet, et il en va de même pour Lyon, Toulouse...

En ce qui concerne le cadre national des diplômes déjà mis à mal par la réforme LMD (l'université devient libre de concevoir les diplômes qu'elle délivre), il finit d'être détruit avec le mal nommé Plan réussite en licence qui sélectionne les étudiants, professionnalise les filières et individualise les parcours. Cette casse  du  cadre  national des  diplômes rend impossible l'utilisation de ce dernier comme base de négociations salariales permettant d'obtenir des conventions collectives.

Le gouvernement s'attaque également à la recherche : casse du CNRS, réforme du statut des enseignants-chercheurs qui risque, en déconnectant à terme l'enseignement de la recherche, de priver le système d'enseignement supérieur français d'un de ses atouts.  
   
On assiste au final à une politique de la rentabilité à tout prix, visant à cantonner la majorité des étudiants à des formations moins reconnues créant ainsi une main d'œuvre employable à bas coup sur le marché afin de servir les intérêts d'une minorité dominante, le tout sur fond de précarité grandissante (augmentation des frais d'inscription, prêts étudiants...)


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